Un repos mérité

Éditorial par Vincent Christeler, pasteur

Mieux vaut une poignée de repos que deux poignées de travail et de poursuite du vent. (Ecclésiaste 4 : 6)

Pendant ce temps estival généralement associé aux vacances et au repos, il m’est venu à l’idée de revenir à l’un des deux textes justifiant le repos (l’autre étant Deutéronome 5 : 12-15) :

Pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour, c’est un sabbat pour le SEIGNEUR, ton Dieu : tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni les immigrés qui sont dans tes villes. Car en six jours le SEIGNEUR a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, et il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le SEIGNEUR a béni le sabbat et en a fait un jour sacré. (Exode 20 : 9-11)

Le repos, toutefois, est-il à justifier ? faut-il trouver des excuses ou des raisons pour prendre du repos ? Lors d’une formation (sur le travail !) que j’ai suivie il y a quelques temps, une intervenante nous avait expliqué que la théologie catholique traditionnelle insistait sur les six jours travaillés en concédant un jour de repos, tandis que les réformateurs, notamment Calvin, faisaient exactement l’inverse : ils insistaient sur la nécessité du repos, en expliquant que les six autres jours suffisaient à la tâche. Je sais, c’est contrintuitif, quand on pense à la morale protestante du travail ! Bien sûr, il est nécessaire de travailler, pour pouvoir « gagner sa vie » (terrible expression, la vie nous est donnée !), pour se sentir utile et trouver sa place dans la société des humains, mais le travail ne justifie pas la vie : c’est le rôle de la grâce et de l’amour de Dieu.

Je me souviens de mes premières vacances lorsque j’étais stagiaire. A la question de mon maître de stage qui m’interrogeait sur ce que je comptais faire pendant ce temps, j’avais répondu que je n’envisageais rien d’autre que de me reposer ; sa réaction avait été foudroyante : « je t’interdis de revenir plus reposé que maintenant ». Le repos, les vacances, n’ont pas pour but (pas pour seul but du moins) de vous permettre de vous remettre en état de travail. C’est un temps qui n’a pas besoin d’être justifié, un temps pour être avec ceux que vous aimez, face à vous-mêmes, en présence de Dieu ! Pas de culpabilité pour le repos, pas besoin de justification ! Le repos est de l’ordre de la grâce !

Je vous souhaite un bon été et des vacances pleines de bénédictions.

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