Lire la Bible

Éditorial par Vincent Christeler, pasteur

« Lire la Bible » est le nouveau mot d’ordre pensé par nos instances nationales. Je ne vais pas, vous vous en doutez, m’inscrire en faux contre cette idée : il faut lire la Bible, c’est évident. Néanmoins, je m’interroge sur ce slogan. Depuis bien des années, j’entends : « les protestants ne lisent plus la Bible », ce qui est hélas vrai, « c’est une des causes du déclin de nos Églises », probablement…

Il serait naïf de croire qu’il suffit d’un slogan, de bonne volonté, d’un retour à des valeurs et pratiques anciennes pour rétablir une situation ; c’est une naïveté assez partagée dans le monde politique : après chaque défaite électorale, un parti, qu’il soit de gauche, de droite ou du centre, déclare que le désastre est dû à l’abandon des thématiques de droite/de gauche/du centre et qu’il faut revenir aux fondamentaux pour renouer avec le peuple et regagner les strapontins et les portefeuilles perdus. Revenir aux fondamentaux s’appelle le fondamentalisme (c’est l’origine du mot)…

Nous ne voulons pas retourner à un passé ! nous voulons vivre notre foi aujourd’hui ! raison pour laquelle, il faut lire la Bible, certes ! mais il ne suffit pas de la lire comme un devoir. La lecture de la Bible n’est ni un pensum (qui était la quantité de laine qu’un esclave devait filer chaque jour), ni un truc pour devenir spirituel, ni un rituel magique pour remplir les temples. On peut lire la Bible platement, à toute vitesse, comme on lit le roman de l’été, mais pour quel profit ? Plus qu’elle ne se lit, la Bible se médite. Sa lecture s’articule avec la prière, l’échange en famille, en communauté.

Ce n’est pas non plus une tâche facile. Parmi les lecteurs, plus ou moins occasionnels, que je rencontre, il y a plusieurs catégories, dont certaines me surprennent à chaque fois. Il y a ceux qui prennent tout au pied de la lettre et qui passent à côté du sens. A l’inverse, il y a ceux qui sautent directement sur le sens et qui oublient ce que le passage biblique a de spécifique à nous apprendre. Il y a ceux, un peu dans le même genre, qui trouvent toujours, quel que soit le texte lu, ce qu’ils sont venus y chercher : morale, rituel, justification, amour de Dieu ; j’en viens à me demander pourquoi la Bible est un livre si épais, puisque tous les passages disent la même chose. Il y a aussi les lecteurs pieux pour qui « c’est forcément bien, puisque c’est dans la Bible » et qui concluent une lecture d’un massacre d’enfants par « loué sois-tu pour ta bonté… ».

Bref, avant de lancer des slogans, il serait peut-être bien que l’on réfléchisse au type de lecture que nous faisons de la Bible. Comment la Bible peut-elle nous nourrir, éclairer notre vie ? Quel est son statut ? La lecture de la Bible, toute nécessaire qu’elle soit, ne devient féconde que si on la prend au sérieux… Y a plus qu’à…

Heureux l’Homme qui trouve son plaisir dans la loi du SEIGNEUR, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près des cours d’eau, qui donne son fruit en son temps, et dont le feuillage ne se flétrit pas. (Psaume 1)

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